Petit guide pour me faire péter un plomb: les besoins

Je tiens tout d’abord à souligner que je suis tout à fait au fait des obligations de plusieurs ménages dans lesquels les deux parents doivent travailler, donc deux horaires différents à gérer en plus de celui des enfants. Ce n’est pas de ça que je vais parler, et ce n’est pas non plus ce que je vise. Je suis maman à la maison pour ma part, par choix familial, ce n’est donc pas le même combat, c’est juste différent, et je suis absolument consciente que ce ne sont pas toutes les mamans et tous les papas qui veulent/peuvent faire ce choix. Bon.

Ce qui me fâche, c’est le phénomène sociétal qui veut qu’on s’adapte de moins en moins à l’enfant, et qu’on amène de plus en plus les enfants à s’adapter à nous, à nos horaires de fou, à notre vie pressée, à notre besoin de sommeil, à notre besoin de solitude, à notre besoin de…

Bref, que les enfants s’adaptent à nos besoins, et que nous, nous ne nous adaptions pas aux leurs.

Par exemple. On travaille fort le jour, on arrive à la maison, souper, bain et… Vient la nuit. La sacro-sainte nuit que l’enfant doit faire. SES nuits. Je mets ici un bémol: sont-ce vraiment “ses” nuits, ou plutôt les nôtres? L’enfant a biologiquement besoin de se réveiller la nuit, les cycles de sommeils n’étant pas les mêmes que les nôtres jusqu’à un âge qui lui est imparti. Mais, on travaille demain, on doit dormir: problème sociétal. Solution sociétale: le laisser-pleurer, qui leur “permettrait” de faire “leurs nuits” plus rapidement alors que ça amène un tas de problèmes à long terme, mais à court terme, on n’y voit que du feu: y’a personne de mort, non?

Par exemple. La semaine, on trime dur: on se voit en famille, pressés et rapidement, le soir avant le dodo. Le weekend, on a besoin de se retrouver en amoureux: on fait donc garder les enfants. Plusieurs fois. Et les enfants, eux, auraient-ils besoin de voir papa et maman, plusieurs de ces fois-là? N’y a-t-il pas un juste milieu? Ou hop, journée de congé, mais on a le réflexe d’envoyer Mini à la garderie pour prendre soin de soi alors qu’on pourrait profiter de la journée pour défier les horaires et palier nos besoins ainsi que ceux de nos enfants: le besoin de proximité.

La société nous rendrait-elle égoïste au point où notre vie et nos besoins passeraient avant ceux de nos enfants, avant leur vie?

Société où ils doivent s’adapter à notre train train, doivent fitter dans nos horaires au lieu du contraire: ne devrions-nous pas construire notre vie autour de la leur? Ça me choque tellement! Je peux pas croire qu’on fait des enfants pour les swigner à la garderie quand on pourrait les garder avec nous, ou les envoyer camper chez Matante Machin pour relaxer. Oui, ça fait du bien, je le concède. Mais j’ai quand même un problème avec ça dans la mesure où relaxer est un besoin, mais les besoins de nos enfants ne passent-ils pas avant les nôtres: faudrait-il revoir nos priorités?

Photo 2013-05-05 09 00 42

Cododo, Maman Puce et ses 39892 mentons post-accouchement.

Dans une société où on a inventé la préparation commerciale pour nourrissons qui favorise grandement le bris du lien parent-enfant (l’allaitement étant la continuité biologique du lien physique cordon ombilical-bébé) et qui aussi l’indépendance de l’enfant par rapport aux parents, ne devrait-on pas se poser les questions les plus fondamentales? Ne devrions-nous pas revenir aux sources, répondre à nos instincts les plus primaux et materner ceux que nous enfantons? Les garder près de nous, les accompagner, les aider à grandir?

Ne devrions-nous pas favoriser plutôt la proximité, le lien parent-enfant avec des programmes sociaux permettant aux ménages de pouvoir faire le CHOIX (et non par obligation suite à des coupures) de rester à la maison, s’ils le désirent, sans avoir à se sentir stigmatisé et stéréotypé, voire marginalisé? Est-ce que ça ne devrait pas plutôt être le contraire: la marginalisation de la parentalité indépendante, des gardes, des biberons?

Pourquoi tenons-nous à ce point à “évoluer” si loin de notre nature, de nos instincts, de notre norme biologique?

Pourquoi faire des enfants si on n’a pas envie ou besoin de s’en occuper? Je ne comprends pas cette mentalité. Je ne comprends pas le fait de ne pas avoir ce besoin proximal envers son enfant, que ce côté viscéral de protéger, cet instinct, tende de plus en plus à être marginal. Je ne comprends tout simplement pas vers où nous allons avec ça, en tant que société.

Maman Puce


Petits guides pour me faire péter un plomb:

25 thoughts on “Petit guide pour me faire péter un plomb: les besoins

  1. Annie says:

    C’est peut-être un peu trop de dire: ”Pourquoi faire des enfants si on n’a pas envie ou besoin de s’en occuper?” Ce n’est pas parce qu’on prend un peu de temps pour soi quelquefois par semaine que nous sommes de mauvais parents. Peut-être justement que ça permet d’être des parents plus équilibrés que ceux qui ne le font jamais.

    Je pense personnellement qu’il faut s’adapter à l’enfant sans toutefois laisser tomber complètement ses intérêts.

    Like

    • Geneviève says:

      C’est peut-être un peu trop, mais ça exprime bien le fond de ma pensée sur la chose. Je ne dis pas qu’on ne doit plus exister non plus! Je pense tout simplement que certains font passer leur individu avant leurs enfants plus souvent que le contraire, et c’est ce que je déplore. Disons que je vise plus cette majorité-là dans mon article.

      Liked by 1 person

  2. Lauraki says:

    En fait, tout est toujours une question de juste milieu, comme dans tout. Je suis de ces mamans qui aiment leur job et qui y tiennent pour de nombreuses raisons personnelles, mais je suis aussi de celles qui admirent celles qui décident de vivre la petite enfance à la maison, mais je suis aussi de celles qui sont heureuses de finir parfois plus tôt pour arriver plus tôt par surprise à la garderie et profiter de plus de temps de jeux, câlins, histoires ou petites sorties maman-fille. 🙂

    Like

    • Lauraki says:

      Bon je suis aussi de celles qui est maman-blonde-jeune professionnelle organisée tout en ayant ma bulle à moi une fois dans la semaine (le schéma s’applique tout autant au Papa). Le coeur de notre équilibre à tous les 3 : savoir gérer une bulle perso pour pouvoir être plus disponible pour le reste de la tribu quand nous sommes ensemble!

      Like

  3. lamamandup'titkoala says:

    J’ai compris ou tu voulais en venir je suis plutot assez d’accord on vie dans une société ou se qui est mal vue se n’est plus
    “d’obliger ses enfant a suivre NOS rythme et se jeter sur la premiere occasion de les largué a quelque part pour prendre du temps pour sois”

    Mais se qui est mal vue aujourd’hui c’est
    “de pas prendre de temps pour sois ! qu’a 8 mois on est pas encore largué bébé une seul nuit a belle maman pour aller se faire un ciné en amoureux”

    c’est pas le fait de faire ou pas faire mais comme tu le dit pourquoi se “besoins” absolu de la société de vouloir a tout pris s’éloigner de nos instinct s ??!!

    Et au final c’est donc nous parents proximal qui nous retrouver montrer du doigt, hors normes ? !

    le monde a l’envers ? =P !!

    Like

  4. Annie says:

    Pas tant que ça le monde à l’envers, mais plutôt chacun ses choix.

    Si pour certains ça aide à garder un équilibre d’avoir emmener (et non pas largué) bébé chez belle-maman pour une nuit un peu avant ses 8 mois pour aller se faire un ciné en amoureux, c’est correct je trouve.

    Et pour les parents proximal qui ne le feraient pas, c’est seulement un autre choix selon moi.

    Like

  5. Marie-Maude says:

    Pourquoi “tombé” enceinte si on ne veux pas prendre en main son accouchement?. Si à la moindre inquiétude on laisse quelqu’un d’autre semé le doute que la femme ne sera pas capable, ou encore pire qu’elle met la vie de son bébé en “DANGER”.
    Je crois que si plus de femmes prennent en main leur accouchement, elle prendront en main leur maternité.

    Liked by 1 person

    • Geneviève says:

      Je suis totalement d’accord avec toi 🙂
      Mais il y a bien sûr des exceptions qui font qu’on ne peut pas toujours avoir le parfait contrôle sur ce qui srrive le jour J. 😦

      Like

  6. MamanDeuxFois says:

    J’adore ton article. J’en parle souvent avec une amie qui me comprend, qui a fait les mêmes choix que moi. Avec les autres, je dois me taire… car ce sujet rend les gens agressifs. Je me dis que mon exemple parle à défaut de pouvoir expliquer le tout avec des mots.
    Merci d’avoir écrit cet article, d’avoir nommé les choses.

    Like

Moi j'pense que...

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s