Cachez-moi ce sein que je ne saurais voir!

J’avais beaucoup trop envie de mettre une photo de seins en couverture de cet article pour faire un pied de nez à Facebook et son discernement de marde, mais je vais me garder une p’tite gêne. Justement, j’ai envie de vous parler de ça aujourd’hui. Pas de discernement de marde, ben pas totalement du moins: la sexualisation de l’allaitement. Prenons une grande inspiration, et allons-y!

seins

OMG DES SEINS.

J’ai pas toujours allaité dans ma vie, j’ai pas toujours été maman, eh non! Moi aussi j’ai été jeune et j’ai lu plein de livres quand j’étais enfant. Je pense que le problème est là: la plupart des livres pour enfant montrent des biberons depuis un bon bout déjà. Aurait-on perdu la culture de l’allaitement en chemin? Je pense que oui, et je pense que c’est le coeur du problème: l’éducation sur la chose, ça commence quand on est petit.

Si tout ce qu’on voit depuis tout jeune, c’est le biberon: comment voulez-vous que le petit d’homme grandisse et trouve l’allaitement normal, alors que c’est ironiquement une des plus belles et naturelles choses que l’humain fasse?

Soyons directs: de nos jours, le sein est un objet socialement sexuel, et c’est correct dans vos chambres à coucher les amis. Mais en société, il faudrait se donner un peu de responsabilité et s’éduquer pour notre bien-être et notre santé, plus particulièrement pour celle de nos enfants car ce sont eux qui prendront la relève! Si toutes les mamans allaitaient, pouvez-vous imaginer combien on sauverait en sous, et nous en tant que citoyen, et nous en tant que société?

Je veux pas conquérir le monde là, je fais une projection utopique. Mais rendez-vous compte que c’est pas normal de ressentir le besoin de se couvrir lorsqu’on allaite pour ne pas choquer personne ou de sentir les regards inquisiteurs sur nous lorsque notre enfant décroche lors d’une tétée. Faut juste s’en rendre compte, parce que fondamentalement, biologiquement, historiquement, anthropologiquement… Y’a rien à s’offusquer d’un sein, surtout pas d’un sein qui sert à ce qu’il doit servir: nourrir un enfant.

La liberté d’un s’arrête où commence celle de l’autre

Je suis d’accord, tellement que je pense que si ça vous choque de voir une maman qui allaite son enfant, vous êtes totalement libre de regarder ailleurs et de réfléchir à la raison de votre outrage.

Elle fait quoi de mal, la maman? Devrait-elle n’allaiter que chez elle et trainer des biberons partout et ainsi risquer, pour le salut de votre santé mentale, que son allaitement n’échoue parce qu’il est trop tôt pour introduire le biberon? Devrait-elle, cette pauvre maman épuisée, s’empêcher de sortir et restée enfermée chez elle pendant les six mois d’allaitement exclusif recommandés par l’OMS? Devrait-elle, cette mère aux bonnes intention, couvrir son enfant d’un drap pour épargner vos chastes petits yeux alors qu’il fait trente degrés dehors? Ou encore, aller nourrir son enfant assise sur un siège de toilette entouré de quatre murs de tôle bien serrée, en entendant les bruits douteux d’expulsion de fluides corporels, à moins d’un mètre de son enfant qui sent sa mère fucking inconfortable?

Elle fait quoi de mal, la maman? Rien. Vous, par contre, je pense que vous avez un petit bout de chemin à faire dans votre tête. Toutes les espèces animales mammifères allaitent, et l’humain étant toujours un animal même si on peut construire des bombes atomiques, on allaite aussi. C’est pour ça qu’on a des seins, nous les femmes, et vous avez une bouche pour manger, des oreilles pour entendre. Ressentez-vous le besoin expresse de vous cacher pour manger afin de ne pas déranger les autres? Non? Alors pourquoi cet enfant devrait-il le faire, alors que sa mère le nourrit en plantant ses yeux pleins d’étoiles dans les siens? Quand l’enfant va manger des p’tits pots (s’il est pas au BLW, autre histoire), la maman devra-t-elle cacher sa cuiller parce que c’est offensant?

Déculpabiliser, encourager, enlever la crainte

Vous rendez-vous compte, au moins un peu, du ridicule de la chose? Est-ce qu’en tant qu’humain, citoyen, ami, parent… Ne sommes-nous pas capables de rendre la tâche plus facile à ces mamans en leur montrant qu’il n’y a rien de mal à allaiter, et qu’on peut bien sortir magasiner, prendre un café sans se compliquer la vie avec le regard des autres?

Ne pourrait-on pas plutôt se réjouir devant ce beau moment et féliciter la maman pour son beau travail, l’encourager et lui dire de ne pas lâcher? Pensez-vous que dans les premières semaines, on a juste ça à faire, s’occuper de ce que pensent les autres, en plus de la fatigue accumulée et des couches à changer?

Ça rendrait la vie plus facile à tout le monde: à vous qui ne seriez plus offusqué d’un si beau geste, et à cette maman qui est peut-être la plus timide du monde et qui hésite à continuer son allaitement de peur d’allaiter en public.

Win-win.

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Lâcher prise quand on a un enfant: le défi moderne

Dès qu’on a un enfant, il faut, selon moi, arrêter de vouloir tout contrôler, quantifier, mesurer, comparer. Pourquoi? Parce que c’est ce que tout le monde fait, et depuis des dizaines d’années c’est ce qu’on se tue à vouloir nous inculquer dans la parentalité moderne. Et ce n’est pas sain, c’est même le contraire! Mais d’oussé que je sors moi là, ce matin, vous direz-vous en vous étouffant avec votre gorgée de café.

#WelcomeToParenthood #NoStress #ZenLaVie

“Bébé dort pas depuis X nuits, qu’est-ce qui s’passe?”

J’ai tellement rien contre le fait de demander des trucs, qu’on se le dise. Mais sérieux, je pense qu’on devrait plus faire confiance à son enfant et l’écouter lui au lieu d’aller chercher les conseils ailleurs, souvent. Y’a TELLEMENT de raisons qui peuvent faire qu’un enfant pleurera toute la journée, se réveillera 1-2 fois pendant une semaine la nuit, mangera presque pas pendant 2-3 jours. Parfois, faut juste arrêter de se questionner et accepter qu’un enfant, ben c’est drette ça: des imprévus, de l’apprentissage, des hauts et des bas.

À force de toujours chercher des raisons, on en vient qu’à essayer d’analyser nos enfants et tenter de tout quantifier et calculer alors qu’on pointera qu’une partie de ce qui est, de toute manière, fort probablement temporaire. Alors c’est plate à dire, mais: on subit un peu, on a pas vraiment le choix anyway, pis il se passera ben ce qui se passera: c’est juste une phase anyway!

“J’m’en fout de la raison dans le fond, ça va passer, alors on va faire avec.”

Dès que j’ai compris ça et adopté ça comme mon motto, j’vous jure que la vie est devenue zen zen zen. Ensuite, on se recentre sur l’enfant sans se stresser à appeler à gauche et à droite pour paniquer pour rien. Des fois faut juste faire confiance au corps humain qui est foutrement bien fait, et à nos enfants qui sont pas niaiseux et nous envoient pleiiin plein plein de signaux qu’on a juste à écouter.

Bref, j’ai lâché prise.

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C’est pas difficile en plus, et ça apporte tellement! Mais l’humain a cette fâcheuse tendance à tout vouloir rationaliser de manière un peu trop cartésienne alors qu’un enfant, c’est tout sauf une donnée mesurable, constante et rationnelle. Le jour où on accepte ce qu’on ne peut contrôler en arrêtant de se poser des questions et de vouloir mener la barque (c-à-d un enfant), tout devient simple et fluide.

“Oh, ça m’est arrivé aussi et blablablabla-fucking-bla”

On le fait tous et toutes, mamans et papas, aux nouveaux parents. Moi y compris. Mais des fois, ces nouveaux venus dans le club ont juste besoin de se faire écouter, pas nécessairement de se faire conseiller et ainsi se calquer sur notre vécu. Lâcher prise, pour moi, c’est venu (beaucoup trop) sur le tard, alors c’est devenu mon meilleur conseil style “avoir su au début”. Si c’était à recommencer, c’est le meilleur conseil que je pourrais, selon moi, donner à des petits parents en panique.

En fait, j’aurais les “commandements du nouveau parent”…

    • À ton instinct tu te fieras;
    • Ton bébé au lieu de Matante Germaine tu écouteras;
    • Ton nourrisson tu colleras;
    • Prise tu lâcheras;
    • Ce que tu ne peux contrôler tu cesseras de vouloir contrôler;
    • Les livres tu cesseras d’apprendre par coeur;
    • À des données ton enfant tu ne compareras pas;
    • À la société tu ne te fieras pas pour dicter ta parentalité;
    • Aux bonnes sources tu t’informeras;
    • Esprit critique et créativité tu développeras…
    • Vouloir tout comprendre tu arrêteras.
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“LET IT GOOOOO, LETITGOooOOoooO…”

Ça fait que c’est ça, paix dans le monde pis toute!

Maman Puce