Avoir ou ne pas avoir d’enfants?

C’est un sujet qui m’intéresse depuis plusieurs années. Personnellement, mon désir d’avoir des enfants ne s’était jamais confirmé avant de rencontrer mon chum, mais avant je n’avais pas non plus dit que je n’en voulais pas.

Certaines le savent dès qu’elles sont toutes jeunes: je VEUX des enfants, ou au contraire, je ne VEUX PAS d’enfants. Le fait d’avoir vécu la maternité me rend plutôt perplexe vis-à-vis de ceux qui choisissent de ne pas le vivre comme j’ai l’impression que c’est… Je sais pas, l’accomplissement d’être femme, la maturation ultime de la féminité, mais je comprends aussi ce désir d’indépendance, plus proéminent chez certaines.

Désir de ne pas avoir d’enfants… Quand tu nous tiens!

Si je “rewind ma cassette” (dire que ma fille ne connaîtra jamais ça!), je me rappelle quand j’avais 20 ans. J’étais un électron libre: J’allais où je le voulais, quand je le voulais, sans rien devoir à personne. Je me couchais quand je le voulais, je me levais quand je le voulais, et je dormais paisiblement. Je couraillais à gauche et à droite, je me cherchais et je m’en foutais un peu de me trouver ou pas. Je buvais, je dansais, je carburais à la liberté.

Ce qui a changé depuis? Hmmm. J’ai envie de dire “pas grand chose” mais je sais qu’on me regarderait étrangement. Je peux encore faire tout ça mais pas tout le temps, pas tout en même temps, et en étant organisée. Je ne couraille plus parce que j’ai trouvé mon homme et on s’est mariés: j’suis ben. Je carbure toujours à la liberté, mais une liberté familiale, une liberté amoureuse. Je ne vis pas dans un carcan ou une cage.

Mais je comprends parfaitement le besoin, parce qu’aucune maman n’est parfaite et on a toutes souhaité, je pense, un soir de grand chaos vouloir revivre ne serait-ce qu’une journée dans notre “vie d’avant”. Mais tout de suite je me dis que ça n’a pas de bon sens et que ça passera, et ça finit toujours par passer et je me trouve donc ben niaiseuse d’avoir pensé ça tant j’aime la vie que nous nous sommes faite.

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Maternité v.s. carrière

D’autres pensent aussi à leur carrière, et c’est ben correct, parce qu’il faut se l’avouer: être maman, c’est mettre sa carrière en plan, du moins temporairement. Certaines personnes ont l’amour du travail dans le sang et y trouvent tout l’accomplissement et la reconnaissance dont elles ont besoin. Je pense que la maternité c’est pareil: celles désirant des enfants y trouvent aussi l’accomplissement et la reconnaissance.

Je vois celle que nous apporte le travail comme du fast food: c’est éphémère et instantané, avec une durée préétablie, un horaire. On perd notre job, on la quitte, on change de profession, on prend des vacances. Mais avoir un enfant, c’est du long terme, ça se change pas, ça se tasse pas.

À l’instar d’une carrière, toute notre vie on aura notre reconnaissance et notre accomplissement qui nous suivra, nous devancera, évoluera et nous ramènera à la maternité. C’est un contrat à vie dont on ne se défait pas, et dont on ne veut pas non plus se défaire. La meilleure des jobs quant à moi.

Par ailleurs, c’est aussi certain qu’on peut conjuguer les deux. Personnellement, j’ai choisi d’être maman à la maison pour me concentrer sur l’éducation de notre fille que je souhaite faire moi-même pour l’instant, pour la sortir du moule sociétal le plus longtemps possible et pour que ça perdure, que ça ait son impact. C’est important pour moi, pour nous.

Mais avoir une carrière est aussi gratifiant et parfois ça me manque, je l’avoue: c’est facile. On travaille, on a de la reconnaissance. On voit notre travail accompli. Avoir un enfant est en mon sens un peu plus compliqué: on ne voit pas de conséquence concrète et rapide de notre travail, ça vient graduellement, il faut parfois attendre des années avant d’être fier et constater le fruit de nos efforts. Ce sont là deux choses totalement différentes.

“Tu peux pas comprendre, t’as pas eu d’enfants”

Je pense qu’il est important de garder cette phrase dans notre bouche de manière à ce qu’elle ne franchisse pas nos lèvres (cqfd: fermer sa gueule). Vraiment. C’est super blessant pour les gens qui n’ont pas d’enfants et qui, effectivement, peuvent ne pas comprendre certaines choses que nous vivons et qui leur sont peut-être abstraites.

Par contre, tout est aussi dans la similitude: peut-être auront-ils un fait vécu qui résulte en quelque chose de semblable et pourront donc leur donner une idée pour ainsi éprouver de l’empathie. Sauf qu’avec cette phrase-là, on bloque tout effort de recherche dans les précédents. C’est comme couper quelqu’un qui parle: là, tu coupes quelqu’un qui réfléchit.

Je ne pourrai jamais comprendre quelqu’un qui fait de l’épilepsie, ou quelqu’un qui a fait un voyage à travers le monde, ou qui est paraplégique: je l’ai pas vécu, on est bien d’accord. Mais je pense qu’il est aussi malpoli de dire qu’on peut comprendre pareil lorsque ce n’est pas le cas, exemple mettons: on a un animal domestique, ou bedon on fait de l’insomnie, ou on a des amis qui ont des enfants. Nenon, ce sont pas les tiens, c’est juste pas pareil. Ça amène un tout autre monde, une dimension, pas juste quelques anecdotes auxquelles on peut se comparer. C’est un tout, un lot qui vient tout ensemble.

Donc au comparatif général, je dirais que quelqu’un qui n’a pas d’enfant ne peut pas comprendre ce qu’est avoir un enfant, non. Mais quelqu’un qui n’a pas d’enfant peut comprendre ce que c’est que de ne pas dormir pendant plusieurs nuits d’affilée, ou d’être en dépression, ou ne plus quoi savoir faire pour souper. Tout est dans la modération et la politesse, et le respect du vécu d’autrui, je pense.

Bref, peace and love, y’all.
Maman Puce

Ça mange quoi en hiver, une accompagnante à la naissance/doula?

Avant d’être enceinte et même après, bien honnêtement, j’ai jamais vraiment su ce qu’était une accompagnante, j’ignorais même jusqu’à leur existence. Vous aussi? Ça tombe bien, parce qu’aujourd’hui, je vais en interroger une vraie de vraie pour tenter de vous faire connaître un peu pourquoi elles sont, genre, indispensables, et pourquoi chaque sous investi dans un accompagnement est un investissement dans un accouchement paisible et harmonieux.

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Crédit photo: Chantal Gariepy

Je vous présente DANIELLE, accompagnante/doula très gentille


Salut Danielle! Pourrais-tu m’expliquer, premièrement, quel est le rôle d’une accompagnante dans un couple qui attend un bébé?

Avec grand plaisir! Une accompagnante à la naissance, aussi appelée doula, est présente pour le couple dès le moment désiré au courant de la grossesse. Elle deviendra une source d’informations, de soutien et de réconfort pour les futurs parents. À l’aide de rencontres prénatales souvent à domicile, elle établira un lien de confiance avec la mère et le père, et pourra les guider à travers leurs différents questionnements et les choix qui s’offriront à eux. Un des rôles de l’accompagnante est de les aider à comprendre les changements qui s’opèrent chez la femme enceinte et à mettre des images et des mots sur la physiologie de l’accouchement. Elle pourra aborder plusieurs sujets avec eux touchant à la grossesse, l’accouchement, l’allaitement et les premières semaines avec bébé et leur enseigner diverses méthodes: par exemple, pour aider à relaxer, à mieux gérer la douleur, à faciliter la naissance, etc. L’objectif est que les parents se sentent en confiance et bien outillés pour faire des choix éclairés.

Le grand jour venu, la doula accompagnera le couple sur le lieu de naissance choisi (à l’hôpital, en maison de naissance ou à domicile) et leur offrira une présence constante tout au long du travail. Son support physique et émotionnel, sa douceur, son calme, son expérience et ses multiples trucs collaboreront à rendre l’expérience de l’accouchement positive et enrichissante.

Durant les premières semaines suivant la naissance, l’accompagnante restera disponible pour la petite famille. Elle pourra faire un retour sur l’accouchement, les soutenir et les aider avec l’allaitement et les soins au bébé, les encourager dans leur nouveau rôle de parent, et ce sans porter de jugement.

Qu’est-ce que ça prend pour être accompagnante, au juste?

D’abord, il faut avoir la conviction profonde que toutes les femmes ont la force et le pouvoir de donner naissance naturellement et désirer s’investir à 100% auprès des couples accompagnés!

Plusieurs qualités peuvent aussi être utiles: être calme, discrète, humaine, ouverte d’esprit, pédagogue, avoir une bonne écoute et être capable de décoder les émotions et les besoins des autres facilement. Il faut avoir la capacité de travailler sur appel 24h/24 et durant de longues heures consécutives.

Ensuite, on peut suivre une formation pour devenir accompagnante à la naissance. Souvent, les doulas possèdent aussi d’autres formations connexes, qui les rendent toutes uniques!

À quel moment de ta vie tu as su que tu voulais accompagner les parents dans cette belle aventure, et qu’est-ce qui t’as poussée à entreprendre la formation?

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours été fascinée par le monde de la périnatalité, mais mon histoire d’amour a véritablement commencé à la naissance de notre premier fils en mai 2011. J’ai adoré mon expérience d’allaitement et j’ai aussitôt voulu m’impliquer pour aider d’autres nouveaux parents. J’ai suivi la formation en allaitement maternel de l’Agence de la santé et des services sociaux, puis je suis devenue marraine d’allaitement pour le CALM.

Mes deux premiers accouchements ont été tout à fait différents, un très médicalisé en milieu hospitalier et un entièrement naturel en maison de naissance. Après la naissance de notre 2ème fils en janvier 2013 avec une sage-femme, j’ai vu comment la présence, l’écoute et le soutien d’une même personne de la grossesse au postnatal pouvait faire toute la différence.

J’ai décidé d’aller suivre la formation d’accompagnante à la naissance donnée par Alternative-Naissance pour pouvoir accompagner des couples et leur offrir la possibilité d’avoir ce support continu qui nous avait été si précieux!

Quelles sont les questions qu’on te pose le plus souvent par rapport à ton métier? Qu’aimerais-tu démystifier?

“Tu fais des accouchements? Tu es une sage-femme?”

Non, pas du tout! D’abord, ce sont les femmes qui accouchent et donnent naissance à leur bébé et non les sage-femmes, les omnipraticiens ou les gynécologues qui “les accouchent” ;). Les accompagnantes à la naissance n’offrent aucun soin médical, ça sort complètement de notre rôle, contrairement aux sage-femmes, aux infirmières et aux médecins.

“Tu es là pour prendre la place du papa?”

Absolument pas! En fait, la doula est très présente pour la mère, mais aussi pour le père. Dès le prénatal, on forme une équipe: on informe le papa et on lui enseigne des techniques pour qu’il puisse prendre sa place en toute confiance au moment de la naissance de son enfant, et qu’il soit en mesure de se sentir outillé pour accompagner et soulager sa conjointe. On s’alterne au besoin, pour lui permettre de se reposer ou de manger un morceau, on le guide et on lui donne des idées de méthodes à essayer, on le rassure, on l’encourage et on normalise les choses.

“Est-ce qu’une doula peut m’accompagner si je désire prendre la péridurale?”

Oui bien sûr: l’accompagnante est là pour donner les informations nécessaires pour permettre aux futurs parents de faire leurs propres choix. Elle les aidera à se rendre jusqu’où ils en ont envie, elle ne portera pas de jugement et respectera les choix du couple. Peu importe le type de naissance, l’accompagnante sera d’un grand réconfort, elle pourra bien informer et soutenir la maman et l’aider à trouver des méthodes et des positions qui pourront être utilisées pour faciliter la naissance selon les circonstances.

Crédit photo: Danielle Lalonde

Crédit photo: Chantal Gariepy

Qu’est-ce qui fait qu’un couple X attendant un enfant pourrait avoir besoin d’une accompagnante? Penses-tu que tous les futurs parents devraient en avoir?

Les services d’une accompagnante s’adressent à tous les couples qui souhaitent être bien informés et préparés pour vivre le plus naturellement et sereinement possible la naissance de leur enfant. Que ce soit pour un 1er ou un 4e bébé, sa présence et son support constant pourront avoir de grands bénéfices et aider les parents à profiter pleinement de ces moments mémorables que sont la grossesse, la naissance et le début de vie de bébé.

L’accompagnement à la naissance peut être particulièrement précieux, lors d’un AVAC (accouchement vaginal après césarienne) ou d’une naissance suivant un accouchement traumatique.

Qu’est-ce que tu aimes le plus de ton super métier? Qu’est-ce qui te fait vibrer et qui te fait te dire “wow, j’adore ce que je fais”?

Tout! J’adore mon métier, je me sens très privilégiée d’avoir la chance d’être témoin de moments aussi forts et incroyables que la naissance d’une famille. J’en aime tous les aspects, ce n’est jamais routinier et c’est rempli de beaux défis et de merveilleuses rencontres!

Chaque naissance est unique et chaque couple que j’accompagne me permet de grandir du point de vue personnel et professionnel. Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai le pouvoir de changer le monde, mais j’ai l’impression d’y contribuer tranquillement une naissance à la fois, en aidant les futurs parents à accueillir leur enfant avec confiance.

Un énorme merci à Maman Puce de m’avoir permis de vous faire découvrir cette profession peu connue que je porte dans mon cœur.


Pour finir en beauté, des statistiques!

Une étude a démontré les avantages de l’accompagnement à la naissance!

  • Diminution de 60 % des demandes de péridurales
  • Diminution de 50% des naissances par césariennes
  • Diminution de 40 % du recours à l’ocytocine synthétique (Pitocin)
  • Diminution de 30 % du recours aux narcotiques
  • Diminution de 30 % de l’utilisation des forceps
  • Diminution de 25 % de la durée du travail
  • Diminution du taux de dépression post-partum
  • Augmentation du taux d’allaitement maternel
  • Augmentation de la satisfaction de la mère face à l’expérience de l’accouchement

*Source : Marshall H. Klaus, John H. Kennell, Phyllis H. Klaus, The Doula Book: How A Trained Labor Companion Can Help You Have a Shorter, Easier, and Healthier Birth. Perseus Press, 2002, Chapitre V

Vous êtes en amour avec elle?

Moi aussi, mais c’est mon amie alors j’ai le droit! Mais si vous souhaitez la contacter pour avoir plus d’informations sur les services qu’elle offre ou sur la profession, voici ses coordonnées. 🙂

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Danielle Lalonde
Accompagnante à la naissance et monitrice de portage
(514) 220-6741