Calmer son enfant révolté

Mini Puce est en plein Terrible Two (j’ai aussi entendu parler du Threenager et du Fucking Four, mais hey, j’pense qu’on peut juste appeler ça un enfant: c’est de même jusqu’à quoi… 16 ans? :D). Ma fille est aussi ce qu’on peut appeler un BABI ou, comme j’aime mieux, un enfant magique: la gestion de crises fait donc partie intégrale de ma vie! Aussi, lorsque je dis qu’il n’y a pas de discipline à proprement parler dans la maison, j’ai l’air d’une méchante bibitte.

Je sais qu’on est souvent dépassés en tant que parent d’un jeune enfant en pleine révolte (le tempérament de l’enfant joue aussi beaucoup dans le type d’approche qu’on prend) et je ne suis pas une spécialiste, mais je vais faire une petite liste des trucs que j’ai développés, si ça peut aider un ou deux parent à boutte.

Le petit coin calme

Nous avons la chance d’avoir un espace assez large sous le divan pour y cacher l’ancien matelas de bassinette de Mini Puce (qui n’a presque pas servi), alors je l’y ai placé. Rapidement, lorsqu’elle était fatiguée et un peu plus à fleur de peau, j’ai vite développé le truc du coin calme. On sort le matelas et la petite boîte à jeux calmes: rien de trop stimulant, genre des boules de ouate, une loupe, un collier à mâchouiller, un jeu d’ombres à associer avec des formes, etc.

On appelle ça “une p’tite pause”: elle s’y installe (parfois d’elle-même) avec sa doudou et parfois sa suce, tout dépendant du degré de crise, et joue ou s’étend jusqu’à ce qu’elle se sente plus calme. Je reste souvent près d’elle pour lui flatter le dos jusqu’à ce qu’elle s’intéresse à un objet de la boîte ou qu’elle s’étende: le contact physique est très important pour la gestion du stress engendré par des émotions fortes que l’enfant ne peut pas contrôler. Ensuite, lorsqu’elle s’est calmée, elle va d’elle-même me chercher ou passer à une autre activité.

Réconfort physique

… Pas immédiat si elle me repousse ou se débat, et pas pentoute si elle est pas réceptive au contact. Mais souvent, je la prends dans mes bras (et elle m’enserre avec ses bras et jambes telle une pieuvre), ou je la mets sur mon dos pour faire un tour de “maman la pouliche”. Porte-bébé parfois, sur la hanche jusqu’à ce qu’elle se calme. Le pire c’est la dynamique parent debout-enfant par terre: faut juste pas essayer de raisonner un enfant en crise.

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Une fois qu’elle est calme, on parle si besoin est. Mais avec le contact physique, souvent, c’est comme si elle se déchargeait le trop plein via mon corps (j’ai l’air bizarre, là, mais c’est ça pareil). Je lui propose aussi d’aller s’étendre sur le lit et de “faire pousser des choses dans son dos” en massage, elle accepte presque toujours quand l’heure du dodo est proche, c’est souvent la dernière étape: c’est elle qui choisit ce qu’on fait pousser, donc elle trouve ça très chouette!

Changer le mal de place

Grosse crise incontrôlable et réceptive à rien? Je deviens un G.O.: “as-tu envie de jouer aux blocs / d’aller te balancer / de lire “livre X” / d’écouter des comptines?” Bref, je lui propose des activités qu’elle aime et que je ferai avec elle pour carrément changer le mal de place et qu’elle oublie sa crise. Ça marche bien très souvent!

Version bouffe aussi si c’est l’heure du repas/de la collation: elle adore couper des fruits et légumes, m’aider en jetant les pelures et rognons, mettre les morceaux coupés dans un bol, jouer avec les coquilles d’oeufs, mélanger… Tous les enfants aiment qu’on les implique dans la préparation des repas, c’est très stimulant et éducatif en plus!

Aussi, je regarde quelle heure il est: est-elle en train de virer folle parce qu’elle est tannée d’être à l’intérieur? Si oui, on s’habille et hop! dehors. Ça c’est un game changer, évidemment!

L’isolement social

Mini Puce ne tripe pas tans sur le social, tant des autres enfants que les adultes: elle veut donc très souvent entrer dans mes jupes (lire: mon utérus) lorsqu’on a des invités. Matelas + doudou est une bonne solution si elle est fatiguée: ça lui permet d’observer et de s’isoler le temps qu’elle a besoin, sinon le porte-bébé est souvent la seule solution, comme j’ai souvent besoin de mes mains (comme tout l’monde). Je ne la force pas à socialiser lorsqu’elle ne le veut pas: j’ai été dans sa situation bien trop souvent, je la comprends. Si je la forçait, ça rendrait selon moi l’expérience juste plus désagréable et elle associerait le stimuli social avec un refus de réconfort, j’sais pas trop. Donc bon, on attend que ça passe.

Expliquer calmement

J’établis un contact visuel lorsqu’elle est calme et réceptive, et je lui explique calmement le pourquoi du comment si c’est une situation genre “non tu peux pas mettre des petits pois dans ton nez”, ou j’essaie de comprendre ce qu’elle ressent en lui posant des questions précises, du genre “tu es fâchée parce que je t’interdis d’ouvrir la porte d’armoire? C’est ça?” puis j’explique pourquoi si elle me répond oui (ce qu’elle fait souvent). Je m’assure qu’elle comprend, puis ensuite je lui propose autre chose de plus alléchant (voir “Changer le mal de place”) pour oublier tout ça et passer à autre chose. Ça lui permet d’assimiler l’explication tout en ne “bockant” pas là-dessus.

Ninja Parent, ASSEMBLE!
Maman Puce

La magie de masser son enfant

Pour être bien honnête, comme Mini Puce était pas du tout réceptive aux massages lorsque nourrisson (et croyez-moi, j’ai essayé!), j’avais un peu oublié cette idée géniale jusqu’à ce que me tombe dessus une belle collaboration avec Marie-lou, une massothérapeute familiale plutôt géniale. Je m’explique.

De quel genre de magie parles-tu, Maman Puce?

Principalement de celle qui vient d’endormir ma fille en 5 petites minutes: celle que mes doigts et mon amûûûr ont opérée sur ma fille. Pendant l’atelier d’hier lorsque j’ai reçu Marie-Lou chez moi, Mini Puce était incroyablement réceptive au massage: elle en redemandait et avait les yeux dans la graisse de bines pendant les trois quarts des activités. Voyez par vous-même…

Graisse de binnes à l'oeuvre

Graisse de bines à l’oeuvre. Crédit photo: Marie-lou Noël

Ceci dit, ce ne sont pas tous les enfants qui adorent les massages comme Mini Puce, rappelez-vous qu’elle n’aimait pas du tout ça lorsque nouvellement née. C’était le cas de votre coco aussi? Faites comme moi, et retentez l’expérience!

Les avantages du massage pour enfant (et nourrisson)

  • Effet très calmant, relaxant, donc parfait pour gérer l’humeur de votre coco (je vous rappelle que ma Puce est en plein Terrible Two) et vient aider les nourrissons à se détendre et même améliorer leur sommeil via la capacité à se détendre (sommeil plus profond et plus long);
  • Favorise beaucoup le contact parent-enfant: le rapprochement, le lien d’attachement et la communication via le non-verbal;
  • Lorsque nourrisson, peut aider énormément pour les coliques (super massage ILY – I Love You), ainsi que la digestion;
  • Il y aurait même un lien entre le fait de faire des massages aux bébés prématurés et un meilleur développement général (lorsqu’effectués correctement): une étude démontre un développement psychomoteur et cognitif sensiblement plus élevé chez les prématurés qui ont été massés versus ceux qui ne l’ont pas été, de même que pour leur développement général (prise de poids, etc.);
  • Le massage est stimulant (comique à dire) côté muscles et circulation sanguine.

Ok, mais je fais ça comment, moi?

Théoriquement, on peut commencer à masser nos enfants dès leur naissance tout en étant extrêmement attentifs au non-verbal qu’ils nous envoient: certains (comme ma Puce) sont très peu enclins à se faire tâter. Et ceci dit, plusieurs enfants semblent ne pas aimer leur première expérience! Rien ne vous empêche de réessayer plus tard (mais plus tôt que moi, genre pas deux ans après: ça, c’est TROP tard :p).

Le truc est d’y aller petit peu par petit peu en augmentant la durée chaque fois (on masse clairement pas un bébé une heure de temps le premier coup, hein)! Il faut attendre qu’il soit dans une phase réceptive de son éveil: il doit être détendu et rechercher le contact visuel du parent. S’il a faim, s’il est cranky, ça ne sert à rien: il n’appréciera pas.

Vous pouvez chanter doucement en même temps: Mini Puce semble particulièrement apprécier, et en plus, ça amène l’enfant à se détendre. Vous pouvez lui parler doucement: comme lors de l’atelier d’hier avec Marie-lou, je faisais un jardin dans le dos de Mini Puce tout doucement. Faut aller avec l’enfant dans le fond: on peut masser en jouant aussi, il faut le suivre! Marie-lou nous a fait expérimenter avec des automobiles: rouler sur le corps de l’enfant en lui montrant les parties du corps. Ça a été un franc succès ici!

Amusez-vous: je crois que c’est ce que Marie-lou a bien réussi à nous apprendre. Il faut se laisser aller le coco dans l’imagination et arrêter d’être rationnels! On peut en faire une routine avant le dodo (on l’inclut clairement ici, en tout cas). L’enfant peut aussi vous masser à son tour, et dans ce cas, il faut en profiter: c’est cool avoir un p’tit massage sur une base régulière (lire: bonheur par procuration, bonjour!).

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Crédit photo: Marie-lou Noël

Ateliers et cours

Marie-lou Noël, je vous la conseille vivement! Elle se déplace chez vous, dans les entreprises et dans les garderies pour donner des cours et ateliers aux parents, aux enfants et aux intervenants. De plus, elle est massothérapeute familiale: vous pouvez même sortir du cadre parent-enfant et masser grand-papa (non mais pourquoi pas!). Elle peut masser vos enfants ou vous apprendre à les masser… Ou vous masser vous et votre amour! Non mais elle est-y pas belle la vie!

Je vous invite chaleureusement à visiter son site Web et sa page Facebook, pour moi, c’était un coup de coeur professionnel!

Je tiens à spécifier que je ne suis pas commanditée, je suis juste ben ben en amour. :p

Maman Puce